22 novembre / La fresque d’Erwann

Publié le 22 novembre 2009 | Commentaires fermés

Erwann Terrier, fresque de l'Espace 315

Erwann Terrier, fresque de l'Espace 315. Photo Bertrand Prévost © Centre Pompidou

C’est jour après jour qu’Erwann Terrier (ses dessins et reportages B.D. ont été publié par Charlie Hebdo, Tecnikart ou Particules) nous propose sa vision mordante des performances, concerts installations et évènements ayant eu lieu dans l’espace 315. Le grand mur blanc du premier jour sur lequel figurait dans un lettrage original Beaubourg-la-Reine a laissé place à un grand mural élaboré à partir des croquis de son petit carnet d’études. Cette chronique dessinée et peinte au crayon et à l’acrylique noire détaille toute la galerie des acteurs et des spectacles qui se sont succédés à l’intérieur de ce ventre de vie recréé qu’est Beaubourg-la-reine. Cette œuvre vivante incarnée par l’artiste dessinant quotidiennement ces caricatures nous a permis de nous remémorer avec nostalgie et amusement quelques images jubilatoires des spectacles de la programmation: Marie-France en Brigitte Bardot ou le duo Sophie Lenoir et Stéphane Roger, Gilles Gaston-Dreyfus récitant Picabia, ou Duquesne chantant Gainsbourg et bien d’autres….Le public déjà en retard à un spectacle ne manque jamais de s’y arrêter. Je me demande finalement quel est le plus hypnotique, les motifs de l « Amulette de protection magnétique » de David Balula ou la fresque d’Erwann Terrier?

Alain Cardenas-Castro

21 novembre / Views on Stage

Publié le 22 novembre 2009 | Commentaires fermés

Chorégraphie de Christian Rizzo sur Sol 07 de Vincent Lamouroux. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Chorégraphie de Christian Rizzo sur Sol 07 de Vincent Lamouroux. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Ce week-end, le nouveau festival, s ‘associe à Vidéodanse, pour rendre hommage à l’un des plus grands chorégraphe du 20ème siècle : Merce Cunningham. Ce cycle vient clôturer un mois de programmation au cours de laquelle le nouveau festival a su trouver sa place.

Tout pousse à croise que cette rencontre n’aurait pu se réaliser sans la présence de l’installation in situ de Vincent Lamouroux : Sol.07 (lieu de la performance donnée par Christan Rizzo à l’inauguration du nouveau festival). S’installer au Forum (niveau –1), c’est choisir de s’implanter là où il y a rencontre, rencontre d’abord entre deux événements associés, le nouveau festival et Vidéodanse qui croisent également les spectateurs des Spectacles vivants, les promeneurs attirés par la sensualité de l’oeuvre , les cinéphiles, les amateurs d’art et les touristes égarés.
En reliant les espaces d’exposition dans lesquels l’œuvre est finalement venue se greffer, Sol.07 tente de renouer un dialogue opérant entre les arts dans une négociation constante avec l’ensemble des circulations et événements qui s’y déroulent. (Le dispositif se renforce par la présence des projections de Videodanse sur un des murs de l’installation de Vincent Lamouroux.)

Renouant ainsi avec une certaine tradition minimaliste, la sculpture Sol.07 n’a pas de socle et ne s’érige pas. Elle s’horizontalise. Cette typologie de l’espace offre de nouvelles possibilités d’usage et d’appréhension aux visiteurs (et explique probablement le succès de la pièce auprès des enfants). Pour peu en effet que le visiteur s’engage, s’y glisse, s’y enfonce, l’œuvre devient participative. Le visiteur se risque alors à devenir un « matériau vivant » de l’œuvre.

Viennent ensuite les premières interactions, les premiers pas. Le bois travaille encore. Les corps se meuvent, se déplacent, dans des circonférences inégales. Les hanches basculent. Le torse se bombe. Un geste s’esquisse et tout l’être est en mouvement, l’ébauche peut-être d’une chorégraphie des corps.

« Is this Dance ?
Yes.
Why not?
Maybe”
Merce Cunningham,
Merce by Merce by Paik, 1978

Romuald Roudier Theron

20 NOVEMBRE / Comment dire les couleurs?

Publié le 20 novembre 2009 | Commentaires fermés

Teatrino Palermo, Philippe & Joseph Millot. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Teatrino Palermo, Philippe & Joseph Millot. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Centre Pompidou, Niveau 5, Salle n° 9. Encore un hommage à l’art de Blinky Palermo et encore une fenêtre ouverte sur un artiste formidable. Aujourd’hui le Teatrino/Palermo de Pierre Leguillon à pris, encore une fois, une nouvelle forme.
« Blau, Gelb » – bleu, jaune – c’est comme ça que Philippe Millot, le « dessinateur de livres », commence sa « cascade de couleurs » ; et ce sont les deux couleurs originelles qui teignaient le Teatrino original, le Théâtre de marionnettes pour Iris Jasmin Palermo de 1964.
Comment « dire » les couleurs? Dans le fac-simile de Clément Rodzielski situé entre Les disques dans la ville et le pot à tisane de Fernand Léger, le rouleau parlé de Millot se défait en parfait accordable, en une échelle de gris. «FA » « RB » « EN » : les couleurs sont évoquées par la voix du marionnettiste invisible, et des formes dessinées à l’encre de chine se manifestent à nous dans une élégance discrète. « Blau, Grün », « Rot, Blau », « Rot », « Weiß », « Cobaltblau », « Violettblau ». Ces mots en langue allemande, évoquent les titres des oeuvres que Palermo exposa en 1985 dans le Centre. Au bout du rouleau, Millot déplace le Teatrino/Palermo pour laisser la place à un intervenant insolite. C’est Joseph Millot, 8 ans, qui prend le relais. Dans un « piccolo Teatrino » (redondance qui rend la taille de ce support) l’action se répète avec la même précision : «Blau, Gelb », «FA-RB-EN »…Cette fois, par contre, la seule couleur présente n’est plus le noir de l’encre de chine mais un rouge primaire qui défile sous nos yeux et sous le récit de Joseph. Et c’est la qu’on découvre une magnifique « esthétique typographique » qui se révèle : blanc, noir, rouge ; cette performance se joue comme dans une page d’un livre de Armin Hofmann, artiste si cher à Millot. Une sorte de « page » d’interruption, de « calme typographique » parmi les toiles si denses de couleurs vives de Léger.
« Violettblau »: le deuxième Papyrus en miniature est terminé, le petit théâtre est sagement démonté en laissant un vide entre les deux tableaux de Léger. C’est déjà fini !

Giulia Andreani

19 NOVEMBRE / Ça claque à Beaubourg-la-Reine !

Publié le 20 novembre 2009 | Commentaires fermés

Victor Cuno et son fils. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Victor Cuno et son fils. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Aujourd’hui le festival accueille le très célèbre danseur de claquettes Victor Cuno. Surnommé The talking feet of Paris, l’artiste s’est formé auprès des plus grands : Henry Letang, professeur de Gregory Hines et Savion Glover, et Chuck Green, avec qui il réalisa une tournée en France. Pour l’artiste, les véritables claquettes sont à New York. Il se décrit comme un « inclassable », alliant à la fois les influences classiques et afro-américaines.

Victor Cuno s’est réjoui à l’idée d’être invité au festival par Xavier Boussiron et Sophie Perez dans le cadre de Beaubourg-la-Reine. A en croire le danseur, cette performance est un exercice nouveau, bien différent du show habituel, qui exige une approche plus complexe de sa discipline. Ce soir, dans l’espace 315, Cuno nous offre un spectacle burlesque en quatre parties, version Charlie Chaplin. Dans la première partie, il se moque des français dans « There’s always something fishy about the French », alors qu’il flotte dans son costume vichy noir et blanc. Plus tard, le rythme est langoureux et la lumière tamisée pour « A little American tapdance ». Le troisième numéro est joué par son fils, qui apporte de la fraicheur au spectacle dans son rôle de James Bond. Ces deux là forment un parfait tandem. Enfin, Victor Cuno finit de nous impressionner et synchronise le piano et les claquettes, apothéose de la soirée ! L’artiste nous séduit par son élégance et sa bonhommie.

A la question : « Qu’elle est la place des claquettes aujourd’hui en France ? », il répond qu’il déplore que cette pratique soit peu médiatisée dans l’Hexagone. Il ajoute que la magie des claquettes réside dans son adaptation à tous les genres de musique. En dépit du manque d’intérêt donné à cette pratique, l’art des claquettes refuse d’être considéré comme un vestige des années 1930. C’est un art résolument contemporain tourné vers l’avenir.

Sharon Yoon et Pauline Biscay

18 novembre / Du collège au nouveau festival : Imagine !

Publié le 19 novembre 2009 | Commentaires fermés

 Claudia Triozzi. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Claudia Triozzi. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Entre deux RER, le premier en retard, le second un peu trop tôt, j’ai passé une heure et demie avec cinq collégiens et deux de leurs professeurs. C’était la première fois qu’ils entraient dans le Centre, dans un musée, au nouveau festival. Timides mais pas trop ! Contents, je crois…
La grille de Leguillon : « Oh pardon, on a marché dessus », un fauteuil de Bardin où ils se sont posés, quelques secondes afin de réaliser qu’ils préféraient observer et être observés en étant assis que debout ! Le sol de Lamouroux sur lequel ils ont tenté de ne pas tomber car le ralenti, c’est vachement dur ! Puis le papier peint de Balula, où sont apparus des CD ou plutôt des disques d’avant qui faisaient de la musique d’avant, la rencontre avec Erwan, « un professionnel ?! Mais non, on dit un artiste » et l’émerveillement sous les suspensions de Rehberger. Le lézard d’Andréa Blum d’un coup à pris cent quatre vingt dix huit ans et le masque de commedia dell’arte est devenu pour l’occasion, un chameau quoi que peut-être un dromadaire… Du haut de Pernice, ils ont choisi, enfin, pas vraiment puisque à cinq, cinq installations ont été nommés : Le manège, le serpent orange, la petite boite en verre, le truc qui change de lumière et la cage comme dans les zoos ! Vite vite, on fait le tour et c’est quand on arrive au Kiosque électronique qu’un son étrange provenant de Beaubourg la reine nous coupe dans notre visite. Le spectacle commence. Discrètement, on s’installe au premier rang, juste devant la scène. Claudia Triozzi ? Ils la connaissent en tant qu’intervenante dans le cadre d’une résidence d’artiste dans leur collège à Villepinte. C’est ensemble qu’ils ont cherché des sons pour son prochain spectacle… Pendant sa performance Imagine, ils ne l’ont pas quitté des yeux, tantôt souriant devant les grimaces qui déforment son visage lors de performances vocales, tantôt peureux quand elle se rapprochait trop près d’eux, tantôt surpris de ressentir de la tristesse à travers un texte qui mélange de l’anglais de l’italien de l’allemand aussi peut-être, enfin, pas du français ! Quant à moi, j’aurais laissé ma place pour rien au monde… Entre la scène où raisonnaient des textes curieux et poétiques, plein de beauté et de tristesse sur un fond tantôt d’électro, de ballade et de fado… Une boule d’émotion offerte ! Et ma tête où j’entendais encore des bribes de discussions. Il m’était difficile de résister à l’envie de les regarder, eux aussi… J’avais déjà conscience de vivre un grand moment !

Laetitia Pesenti

15 novembre / PK

Publié le 17 novembre 2009 | Commentaires fermés

PK 2
Philippe Katerine, avec le groupe Francis et ses peintres. Photo Laurent Friquet © Centre Pompidou

Attente, public, impatient, nombreux, entrée, pénombre, musique, acoustique, concert, Philippe, Katerine, live, scène, cabaret, Francis et ses peintres, guitare, synthé, saxo, basse, batterie, pop, électronique, chanson, bleu, blanc, rouge, éclectique, Johnny, standard, Caroline, patrimoine, 2be3, populaire, Maurice, célèbre, Mylène, époque, horizons, drôle, cinglant, dérision, phénomène, humour, blagues, rires, émotion, sympathique, désuet, caustique, surprise, ironique, décapant, voyage, surprise, prolifique, acerbe, chez d’œuvre, queue de pie, mélodie, idole, exceptionnel, plaisir, détente, agréable, bonheur, moquette, violet, danse, spectacle, esprit, ambiance, intime, univers, irrationnel, impressionnant, pertinent, original, plaisant, irréel, détonant, performance, bonheur, incroyable, applaudissement, chaleureux, sensible, encore, ovation, micro, merci, bravo, j’adore, une heure trente, fin, nuit, festival, Centre Pompidou, Beaubourg-la-reine, espace 315, dimanche, quinze novembre, deux mille neuf.

Ludovic Delalande

16 novembre / V comme visiteurs

Publié le 16 novembre 2009 | Commentaires fermés

Médiatrice du nouveau festival présentant une oeuvre de Peter Doig, 100 Years ago, 2001. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Médiatrice du nouveau festival présentant une oeuvre de Peter Doig, 100 Years ago, 2001. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou


Une chronique incontournable manque peut-être encore…..Les visiteurs du nouveau festival ! Qui sont-ils ? Visiteurs… farceurs, charmeurs : « Vous avez des jolies molaires, Mademoiselle la médiatrice… ». Emmerdeurs : « Ça pu du cul ton festival ! C’est facho! »… Et oui, ils ne finissent jamais de nous surprendre. Car, si d’un coté « chaque œuvre exposée doit suggérer à tout sujet voulant la percevoir ce qu’elle a pour lui » d’après Remy Zaugg, il est vrai aussi que c’est le spectateur qui rend possible l’importance de chaque événement ; ainsi au cours de ce mois de novembre à Beaubourg c’est une humanité hétérogène qui embellit , qui ravive, et pour ainsi dire, permet au nouveau festival d’exister.
Tous se jettent d’abord sur l’Exhibition Continues d’Olivier Bardin pour ensuite découvrir les autres nouveautés…Des visiteurs pas toujours vraiment intéressé par l’art contemporain sont aussi là : comme ce groupe de jeunes rappeurs qui se précipitent vers l’ Agame Barbu , (le lézard de l’œuvre d’Andrea Blum) en se croyant dans un centre commercial : « Shops? Clothes? Where are the shops ? ». Il faut ajouter que cet animal à sang froid est une des principales attractions : les enfants aiment lui chanter des chansons. De jeunes filles à l’air désintéressé mâchent comme un chewing-gum : « Where’s the toilet? » ; ou encore un monsieur avec l’âme d’un satyre (illuminé par la performance de Doris Uhlich à Beaubourg-la-Reine) nous demande : « S’il vous plait, auriez-vous une programmation relative à la présence de femmes à poil dans le festival? ». Des visiteurs néophytes, une dame excitée : « Je veux voir le spectacle vivante! » ; un couple du Québec découvre avec enthousiasme le Studiolo du trio Zobernig-West-Vukosavljevic et se montre prêt à « transmettre toute son énergie ». Des visiteurs-aficionados : ainsi Maxime qui ne manque pas une seule Peinture Parlée et ce monsieur ne cessant de s’exclamer « Excellent! » qui s’enflamme à la vue de chaque dispositif et de chaque événement. Mais bien sûr, il y a aussi les déçus, comme cet homme qui se plaint que dans la « salle de repos » (l’Espace 315) il y a « des gens derrière le grand masque qui font un peu trop de bruit !». Et les artistes ? Depuis le 21 octobre, nombreuses sont les personnalités du monde l’art qui franchissent les espaces du festival. Il y a en qu’on ne peut pas ne manquer, comme ORLAN et d’autres, plus discrètes, qui se mélangent à la foule, et nous interrogent parfois sur leurs propres œuvres…Vrais ou faux visiteurs, de belles et singulières rencontres dans ce nouveau festival !

Giulia Andreani

14 NOVEMBRE / Du plaisir de faire ou de dire pour rien

Publié le 14 novembre 2009 | 1 commentaire »

La Ribot, Llamame mariachi © Photo Anouk Furst

La Ribot, Llamame mariachi © Photo Anouk Furst

Parce que des fois il ne s’agit pas de comprendre mais tout simplement de sentir, comme le laisse entendre le spectacle Llamame mariachi de La Ribot.
Ce soir se présente pour la dernière fois dans la Grande Salle, la chorégraphe et danseuse madrilène qui a bouleversé la danse contemporaine en mêlant danse et arts plastiques, accompagnée de Marie-Caroline Hominal et Delphine Rosay.
Sur l’écran est tout d’abord projetée une vidéo où se succèdent des objets, des surfaces, des extraits de film et des textures. Les trois danseuses à tour de rôle nous font découvrir, caméra à la main, les différents éléments qui constituent cet univers kitsch, sorte d’atelier d’artiste ou d’entrepôt, aux couleurs vives. La musique hybride électronique entre lounge et électro aux pulsations rythmiques latinos, semble s’accoupler parfaitement aux différentes textures et ambiances qui défilent sur l’écran. Presque tous nos sens trouvent leur plaisir.
A travers l’œil de la caméra on devient toutn à la fois , la danseuse qui tourne, son pied qui fuit, sa main qui parcourt une surface, son doigt qui nous montre un objet.
Soudain, La Ribot et ses deux danseuses entrent en scène d’un pas extrêmement lent et mesuré, non dénué d’une élégance féline. Elles se posent sur une table où l’on retrouve quelques objets de la vidéo : un pistolet, un chien en peluche, des livres, une trompette et une pauvre tarte qui ne songe même pas à sa triste fin. C’est alors les mots qui se succèdent, parfois sans aucun sens et d’autre fois apportant une réflexion profonde, tout cela sous le rire du public, assez nombreux pour l’occasion. Dans un mouvement lent, les danseuses débarassent progressivement la table de ses livres après en avoir lu quelques extraits. Les feuilles volent, la tarte tombe, la trompette sonne et sur le visage du spectateur se dessine un sourire sans vraiment savoir pourquoi. Pour le plaisir.
Ana Mendoza

13 NOVEMBRE / Par ordre d’apparition

Publié le 14 novembre 2009 | Commentaires fermés

Youri Dirkx et Aurélien Froment, Par ordre d'apparition. Photo Jean – Claude Planchet © Centre Pompidou

Youri Dirkx et Aurélien Froment, Par ordre d'apparition. Photo Jean – Claude Planchet © Centre Pompidou

Quand le visiteur aperçoit le dispositif d’Aurélien Froment, il peut penser qu’une nouvelle installation vient de naître dans le festival. Pendant toute la durée de la performance, l’espace de la scène construit par des pans de papiers blancs, est modulé par l’acteur qui sort des objets qu’il place et déplace, en construisant et détruisant des situations et des contextes.
Il apparaît d’abord entre les rideaux blancs, avec un papier qui semble être un plan qu’il cherche à orienter puis qu’il déplie, et tourne sur lui-même nous faisant apparaître un carré noir sur fond blanc…
Ensuite il enfile des gants aussi blancs que le reste de l’espace, et déplace des œuvres d’art imaginaires en mimant la forme des objets.
L’atmosphère repose sur des oppositions ; contraste entre les formes géométriques minimalistes (cylindre, cube, prisme) et les formes anthropomorphes (le manteau, le sac et l’acteur lui-même) ; et contraste entre le blanc immaculé de l’espace et les couleurs introduites à l’intérieur, rangées selon leur appartenance au spectre, aux primaires, aux secondaires.
La transformation des formes, presque magique, à laquelle nous assistons évoque de nombreux passages de l’histoire de l’art et parfois l’acteur devient lui-même le prolongement de ces objets qu’il manipule, avec lesquels il joue. Plus la performance avance et plus on est plongé dans le silence, fasciné par ce personnage qui évolue à la manière d’un magicien entre les formes, avec des gestes précis et des rebonds. On a alors le sentiment d’être au cœur même d’une œuvre entrain de se faire et de se défaire et l’on en oublie l’espace de la Galerie sud….

Natalia Prikhodko & Rebecca Touboul

12 novembre / Exhibition continues

Publié le 12 novembre 2009 | Commentaires fermés

Exhibition Continues, Olivier Bardin. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Exhibition Continues, Olivier Bardin. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Un touriste japonais confortablement installé y dort la bouche ouverte, une jeune femme y consulte son ordinateur portable, un homme y regarde les nouveaux visiteurs entrant arriver, une famille s’y reconstitue autour d’une collation improvisée, une petite fille grimpe sur les accoudoirs d’un de ces confortables fauteuils « club » tournés vers l’entrée. C’est la scène quotidienne à laquelle on assiste depuis le bureau d’accueil des médiateurs. Point de vue unique qui permet de détailler le profil du dispositif d’Olivier Bardin « Exhibition continues » : une série de dix fauteuils où l’on peut s’asseoir en devenant spectateur, en assistant à l’entrée en scène de nouveaux spectateurs qui eux-mêmes, vous considèrent comme objet de l’exposition.
J’aperçois au bout d’un moment quelqu’un qui se détache de cette ruche constituée pour se diriger vers le bureau où je suis posté. Petit à petit je distingue un jeune homme aux lunettes à monture noire épaisse et blouson de cuir. Je le regarde arriver… Il me regarde également… après ce dialogue visuel, il prend un programme du jour, je lui précise que cela concerne le nouveau festival. il me répond qu’il est au courant puis se présente : C’est Olivier Bardin. J’apprécie de voir l’œuvre et l’artiste, moment magique qui colore le début de ma demi journée de médiation à Pompidou. Je regarde l’heure : 4 :33, le nouveau festival, continue…

Alain Cardenas Castro