31 octobre / La révélation du signe

Conférences-performances Guillaumes Désanges, Signs and Wonders, Halles de Schaerbeek 2008  © Centre Pompidou

Conférences-performances Guillaumes Désanges, Signs and Wonders, Halles de Schaerbeek 2008 © Centre Pompidou

Hier soir, réunis dans l’obscurité de la Petite salle cryptique du Centre Pompidou, les spectateurs du nouveau festival ont pu assister à la conférence-performance de Guillaume Desanges, Signs and wonders.
Après plus d’un an de recherche, le protagoniste de cette réunion secrète, d’un ton incantatoire, nous a initiés à la religion du signe. Du point au carré, en passant par la ligne, Guillaume Desanges retisse à sa façon le fil d’une Histoire de la sémiologie de l’art. De la secte des pythagoriciens, plaçant le point comme forme primordiale, à l’origine de toutes les autres, aux mystiques minimalistes, il n’y a qu’un pas. Ces derniers, dissimulés derrière l’objectité et le formalisme de leur art, encourage le primat de la rectitude, trace d’un rituel ésotérique de la modernité.
Contre cette religion officielle de la ligne et du carré, d’incurables hérétiques : Marcel Duchamp, bien sûr, et sa Roue de bicyclette, les acteurs de l’Excentric abstraction, ou encore Bruce Nauman.
Telle est donc la thèse de notre « prophète-performer », brillamment illustrée par son assistante. Lui, derrière son pupitre, elle, derrière un écran lumineux de rétroprojecteur, œuvre en silence. De ses petits doigts de fée naît une somptueuse fresque d’ombres chinoises, livre ouvert et vivant d’une Histoire de l’art pas comme les autres. Le discours du performer, relayé en images de dispositifs simples et ingénieux, appuie la démonstration et lui confère une étonnante force de conviction.
Sophiste doué, ayant investi pour un soir la caverne platonicienne, Guillaume Desanges nous laisse, après coup, le sentiment d’avoir assisté à la révélation d’une grande vérité.

Céline Dumas

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