9 NOVEMBRE / A la Conciergerie : « Le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme »…

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Vue de l’exposition « Le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme » à la Conciergerie. Photo Didier Plowy© Conciergerie CMN

On pense à la Conciergerie comme à la dernière cellule de Marie-Antoinette, le public sera surpris d’y trouver jusqu’en décembre une histoire de fantômes un peu différente…
Ici la scénographie est stable, bien plantée grâce à une longue structure noire, mais la lumière respire, rendant l’atmosphère inquiétante. Sur cet élément central, entre socle géant et podium de défilé se succèdent des modèles, des mannequins figés, ou des objets ayant attrait au corps. Peut-être est-ce qu’on joue ici une exposition? On y voit s’y produire des acteurs immobiles, dans une mise en scène de Christian Rizzo, qui d’une discipline à l’autre, navigue du chorégraphe au commissaire d’exposition. Les rôles sont bousculés, ils se chevauchent et c’est d’ailleurs l’esprit du nouveau festival : la pluridisplinarité. On renverse les schémas préétablis qui scindent les champs pour les réunir et construire quelque chose d’autre.
C’est ce que l’on peut ressentir en visitant cette exposition. L’architecture de la salles des gardes met en valeur les œuvres des artistes (on citera Tomoaki Suzuki et ses petits personnages peints sur bois de tilleul : petits portraits d’une époque et d’une attitude, d’un genre ou bien Bless et sa brosse pleine de cheveux : objet hybride, comme extrait d’un conte fantastique). On se trouve alors dans une atmosphère proche de l’inquiétante étrangeté, inspirée par la littérature fantastique de la fin du 19ème siècle, les œuvres parlent tout en restant figées (à moins qu’elles ne se déplacent des qu’on a le dos tourné…). Mais toutes évoquent une réalité dont on peine à se souvenir.
Finalement le sort de cet homme est peut-être celui du spectateur absorbant et absorbé par ces œuvres, dans ce magnifique lieu hanté par l’histoire…

Magalie Meunier

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