14 NOVEMBRE / Du plaisir de faire ou de dire pour rien

La Ribot, Llamame mariachi © Photo Anouk Furst

La Ribot, Llamame mariachi © Photo Anouk Furst

Parce que des fois il ne s’agit pas de comprendre mais tout simplement de sentir, comme le laisse entendre le spectacle Llamame mariachi de La Ribot.
Ce soir se présente pour la dernière fois dans la Grande Salle, la chorégraphe et danseuse madrilène qui a bouleversé la danse contemporaine en mêlant danse et arts plastiques, accompagnée de Marie-Caroline Hominal et Delphine Rosay.
Sur l’écran est tout d’abord projetée une vidéo où se succèdent des objets, des surfaces, des extraits de film et des textures. Les trois danseuses à tour de rôle nous font découvrir, caméra à la main, les différents éléments qui constituent cet univers kitsch, sorte d’atelier d’artiste ou d’entrepôt, aux couleurs vives. La musique hybride électronique entre lounge et électro aux pulsations rythmiques latinos, semble s’accoupler parfaitement aux différentes textures et ambiances qui défilent sur l’écran. Presque tous nos sens trouvent leur plaisir.
A travers l’œil de la caméra on devient toutn à la fois , la danseuse qui tourne, son pied qui fuit, sa main qui parcourt une surface, son doigt qui nous montre un objet.
Soudain, La Ribot et ses deux danseuses entrent en scène d’un pas extrêmement lent et mesuré, non dénué d’une élégance féline. Elles se posent sur une table où l’on retrouve quelques objets de la vidéo : un pistolet, un chien en peluche, des livres, une trompette et une pauvre tarte qui ne songe même pas à sa triste fin. C’est alors les mots qui se succèdent, parfois sans aucun sens et d’autre fois apportant une réflexion profonde, tout cela sous le rire du public, assez nombreux pour l’occasion. Dans un mouvement lent, les danseuses débarassent progressivement la table de ses livres après en avoir lu quelques extraits. Les feuilles volent, la tarte tombe, la trompette sonne et sur le visage du spectateur se dessine un sourire sans vraiment savoir pourquoi. Pour le plaisir.
Ana Mendoza

Un commentaire

  1. 1 De Cécile | le 15 novembre 2009 à 20 h 05 min

    Très bel article :)