16 novembre / V comme visiteurs

Médiatrice du nouveau festival présentant une oeuvre de Peter Doig, 100 Years ago, 2001. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Médiatrice du nouveau festival présentant une oeuvre de Peter Doig, 100 Years ago, 2001. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou


Une chronique incontournable manque peut-être encore…..Les visiteurs du nouveau festival ! Qui sont-ils ? Visiteurs… farceurs, charmeurs : « Vous avez des jolies molaires, Mademoiselle la médiatrice… ». Emmerdeurs : « Ça pu du cul ton festival ! C’est facho! »… Et oui, ils ne finissent jamais de nous surprendre. Car, si d’un coté « chaque œuvre exposée doit suggérer à tout sujet voulant la percevoir ce qu’elle a pour lui » d’après Remy Zaugg, il est vrai aussi que c’est le spectateur qui rend possible l’importance de chaque événement ; ainsi au cours de ce mois de novembre à Beaubourg c’est une humanité hétérogène qui embellit , qui ravive, et pour ainsi dire, permet au nouveau festival d’exister.
Tous se jettent d’abord sur l’Exhibition Continues d’Olivier Bardin pour ensuite découvrir les autres nouveautés…Des visiteurs pas toujours vraiment intéressé par l’art contemporain sont aussi là : comme ce groupe de jeunes rappeurs qui se précipitent vers l’ Agame Barbu , (le lézard de l’œuvre d’Andrea Blum) en se croyant dans un centre commercial : « Shops? Clothes? Where are the shops ? ». Il faut ajouter que cet animal à sang froid est une des principales attractions : les enfants aiment lui chanter des chansons. De jeunes filles à l’air désintéressé mâchent comme un chewing-gum : « Where’s the toilet? » ; ou encore un monsieur avec l’âme d’un satyre (illuminé par la performance de Doris Uhlich à Beaubourg-la-Reine) nous demande : « S’il vous plait, auriez-vous une programmation relative à la présence de femmes à poil dans le festival? ». Des visiteurs néophytes, une dame excitée : « Je veux voir le spectacle vivante! » ; un couple du Québec découvre avec enthousiasme le Studiolo du trio Zobernig-West-Vukosavljevic et se montre prêt à « transmettre toute son énergie ». Des visiteurs-aficionados : ainsi Maxime qui ne manque pas une seule Peinture Parlée et ce monsieur ne cessant de s’exclamer « Excellent! » qui s’enflamme à la vue de chaque dispositif et de chaque événement. Mais bien sûr, il y a aussi les déçus, comme cet homme qui se plaint que dans la « salle de repos » (l’Espace 315) il y a « des gens derrière le grand masque qui font un peu trop de bruit !». Et les artistes ? Depuis le 21 octobre, nombreuses sont les personnalités du monde l’art qui franchissent les espaces du festival. Il y a en qu’on ne peut pas ne manquer, comme ORLAN et d’autres, plus discrètes, qui se mélangent à la foule, et nous interrogent parfois sur leurs propres œuvres…Vrais ou faux visiteurs, de belles et singulières rencontres dans ce nouveau festival !

Giulia Andreani

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