18 novembre / Du collège au nouveau festival : Imagine !

 Claudia Triozzi. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Claudia Triozzi. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Entre deux RER, le premier en retard, le second un peu trop tôt, j’ai passé une heure et demie avec cinq collégiens et deux de leurs professeurs. C’était la première fois qu’ils entraient dans le Centre, dans un musée, au nouveau festival. Timides mais pas trop ! Contents, je crois…
La grille de Leguillon : « Oh pardon, on a marché dessus », un fauteuil de Bardin où ils se sont posés, quelques secondes afin de réaliser qu’ils préféraient observer et être observés en étant assis que debout ! Le sol de Lamouroux sur lequel ils ont tenté de ne pas tomber car le ralenti, c’est vachement dur ! Puis le papier peint de Balula, où sont apparus des CD ou plutôt des disques d’avant qui faisaient de la musique d’avant, la rencontre avec Erwan, « un professionnel ?! Mais non, on dit un artiste » et l’émerveillement sous les suspensions de Rehberger. Le lézard d’Andréa Blum d’un coup à pris cent quatre vingt dix huit ans et le masque de commedia dell’arte est devenu pour l’occasion, un chameau quoi que peut-être un dromadaire… Du haut de Pernice, ils ont choisi, enfin, pas vraiment puisque à cinq, cinq installations ont été nommés : Le manège, le serpent orange, la petite boite en verre, le truc qui change de lumière et la cage comme dans les zoos ! Vite vite, on fait le tour et c’est quand on arrive au Kiosque électronique qu’un son étrange provenant de Beaubourg la reine nous coupe dans notre visite. Le spectacle commence. Discrètement, on s’installe au premier rang, juste devant la scène. Claudia Triozzi ? Ils la connaissent en tant qu’intervenante dans le cadre d’une résidence d’artiste dans leur collège à Villepinte. C’est ensemble qu’ils ont cherché des sons pour son prochain spectacle… Pendant sa performance Imagine, ils ne l’ont pas quitté des yeux, tantôt souriant devant les grimaces qui déforment son visage lors de performances vocales, tantôt peureux quand elle se rapprochait trop près d’eux, tantôt surpris de ressentir de la tristesse à travers un texte qui mélange de l’anglais de l’italien de l’allemand aussi peut-être, enfin, pas du français ! Quant à moi, j’aurais laissé ma place pour rien au monde… Entre la scène où raisonnaient des textes curieux et poétiques, plein de beauté et de tristesse sur un fond tantôt d’électro, de ballade et de fado… Une boule d’émotion offerte ! Et ma tête où j’entendais encore des bribes de discussions. Il m’était difficile de résister à l’envie de les regarder, eux aussi… J’avais déjà conscience de vivre un grand moment !

Laetitia Pesenti

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