13 NOVEMBRE / Par ordre d’apparition

Publié le 14 novembre 2009 | Commentaires fermés

Youri Dirkx et Aurélien Froment, Par ordre d'apparition. Photo Jean – Claude Planchet © Centre Pompidou

Youri Dirkx et Aurélien Froment, Par ordre d'apparition. Photo Jean – Claude Planchet © Centre Pompidou

Quand le visiteur aperçoit le dispositif d’Aurélien Froment, il peut penser qu’une nouvelle installation vient de naître dans le festival. Pendant toute la durée de la performance, l’espace de la scène construit par des pans de papiers blancs, est modulé par l’acteur qui sort des objets qu’il place et déplace, en construisant et détruisant des situations et des contextes.
Il apparaît d’abord entre les rideaux blancs, avec un papier qui semble être un plan qu’il cherche à orienter puis qu’il déplie, et tourne sur lui-même nous faisant apparaître un carré noir sur fond blanc…
Ensuite il enfile des gants aussi blancs que le reste de l’espace, et déplace des œuvres d’art imaginaires en mimant la forme des objets.
L’atmosphère repose sur des oppositions ; contraste entre les formes géométriques minimalistes (cylindre, cube, prisme) et les formes anthropomorphes (le manteau, le sac et l’acteur lui-même) ; et contraste entre le blanc immaculé de l’espace et les couleurs introduites à l’intérieur, rangées selon leur appartenance au spectre, aux primaires, aux secondaires.
La transformation des formes, presque magique, à laquelle nous assistons évoque de nombreux passages de l’histoire de l’art et parfois l’acteur devient lui-même le prolongement de ces objets qu’il manipule, avec lesquels il joue. Plus la performance avance et plus on est plongé dans le silence, fasciné par ce personnage qui évolue à la manière d’un magicien entre les formes, avec des gestes précis et des rebonds. On a alors le sentiment d’être au cœur même d’une œuvre entrain de se faire et de se défaire et l’on en oublie l’espace de la Galerie sud….

Natalia Prikhodko & Rebecca Touboul