12 novembre / Exhibition continues

Publié le 12 novembre 2009 | Commentaires fermés

Exhibition Continues, Olivier Bardin. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Exhibition Continues, Olivier Bardin. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Un touriste japonais confortablement installé y dort la bouche ouverte, une jeune femme y consulte son ordinateur portable, un homme y regarde les nouveaux visiteurs entrant arriver, une famille s’y reconstitue autour d’une collation improvisée, une petite fille grimpe sur les accoudoirs d’un de ces confortables fauteuils « club » tournés vers l’entrée. C’est la scène quotidienne à laquelle on assiste depuis le bureau d’accueil des médiateurs. Point de vue unique qui permet de détailler le profil du dispositif d’Olivier Bardin « Exhibition continues » : une série de dix fauteuils où l’on peut s’asseoir en devenant spectateur, en assistant à l’entrée en scène de nouveaux spectateurs qui eux-mêmes, vous considèrent comme objet de l’exposition.
J’aperçois au bout d’un moment quelqu’un qui se détache de cette ruche constituée pour se diriger vers le bureau où je suis posté. Petit à petit je distingue un jeune homme aux lunettes à monture noire épaisse et blouson de cuir. Je le regarde arriver… Il me regarde également… après ce dialogue visuel, il prend un programme du jour, je lui précise que cela concerne le nouveau festival. il me répond qu’il est au courant puis se présente : C’est Olivier Bardin. J’apprécie de voir l’œuvre et l’artiste, moment magique qui colore le début de ma demi journée de médiation à Pompidou. Je regarde l’heure : 4 :33, le nouveau festival, continue…

Alain Cardenas Castro

4 novembre / Un nouveau festival aussi pour les enfants !

Publié le 4 novembre 2009 | Commentaires fermés

Les ateliers Nomades. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Les ateliers Nomades. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou


Qui se rappelle de l’esprit de démocratisation de la culture lors de la création de Beaubourg il y a trente ans? L’objectif était de pouvoir rassembler tous les publics, notamment des enfants! Et oui… en fait déjà à la naissance du Centre Pompidou, en 1977, il y avait un espace destiné aux activités pour les plus jeunes, et le nouveau festival poursuit cette mission en proposant toujours à ses petits visiteurs un moment de créativité et de découverte. Les ateliers nomades, comme on les appelle, montrent que l’esprit initial du Centre n’a pas encore disparu!
Chaque jour, trois séances d’« Ateliers pour enfants », se sont déroulées autour de deux œuvres exposées dans la Galerie Sud, et dont The Light House de Jorge Pardo et le Mirror Carrousel de Carsten Holler.
Aujourd’hui, les enfants ont été accueillis par des animateurs qui leur ont expliqué le travail de Jorge Pardo sur l’espace et sa façon de créer des lieux fermés, protégés. Les tous petits ont observé une perception interne et externe à l’œuvre « rouge » de Pardo.
Les enfants ont été amenés à marcher entre les parapluies, puis ils se sont amusés à former un parcours par terre. A travers cette expérience, on leur fait comprendre l’importance des gestes, l’idée de pouvoir ou pas passer par certains endroits. Un des petits fera même le guide à ses petits copains entre cette « foule » de parapluies rouges, mais attention ! Parce qu’il y a des endroits où on ne peut pas passer… par contre il y en a d’autres où l’on peut se cacher, comme par exemple sous les parapluies ouverts. Et c’est à partir d’ici que les enfants vont créer un nouveau paysage, fabriquer un lieu magique dans lequel on peut bien se dissimuler. Ils construiront des petites cabanes avec les parapluies posés par terre ; ils devront partager cet endroit un peu spécial avec leurs amis. Ils ont tellement aimé leur petit espace, qu’ils voulaient même s’y endormir. C’est après avoir testé cet espace si confortable que les animateurs vont leur proposer de dessiner sur une carte postale rouge ce qu’ils ont ressenti, avant de sortir de leurs cabanes, sans les bouger. Et en sortant ils remarqueront comme le paysage qu’ils retrouvent a complètement changé, et ça vaut le coup d’y aller faire encore un tour!
Maintenant c’est le moment de la visite-découverte! Les bambins quittent leur atelier dans le Forum pour aller en Galerie Sud explorer à l’intérieur de l’œuvre originale de Jorge Pardo sous les yeux de tous les spectateurs du nouveau festival qui, eux aussi, ont bien envie de pénétrer à l’intérieur dans ce corridor si coloré et chaleureux!
Finalement, c’est le rire de ces petits explorateurs et leur enthousiasme pour cette expérience qui me fait penser que l’art devrait rentrer dans leur vie quotidienne, chaque jour, petit à petit !

Rosa Palmieri

1 novembre / Frontière de l’invisible ou absurde sans écho ?

Publié le 1 novembre 2009 | Commentaires fermés

Teatrino Palermo. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Teatrino Palermo. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou


Aujourd’hui le Teatrino Palermo de Pierre Leguillon était confié, comme prévu, à l’artiste autrichien Martin Beck.
Hier déjà, Cécile Bart en avait métamorphosé la fonction attendue. Loin du spectacle de marionnettes, elle proposa un accrochage de plusieurs de ses œuvres de petit format en utilisant le Teatrino comme support et point de départ de son installation.
Nous nous confrontons aujourd’hui à un autre détournement de cette œuvre objet. Car le Teatrino, en plus de posséder une longue histoire, est une création aux statuts multiples.
Fruit de l’invention du génial Blinky Palermo pendant ses années aux Beaux-Arts de Düsseldorf, il avait d’abord été baptisé « Théâtre pour Iris Jasmin ». Pierre Leguillon décide d’en récupérer la forme encore obscure au grand public et d’en faire la matière, prétexte à une série d’opérations brouillant le sens et les origines de ce qu’il rebaptise « Teatrino Palermo ». Plus que cela, en variant les modalités d’appréhension et d’usage de celui-ci, une série de questionnements émergent (de doutes même parfois ,disons-le !) quant aux conditions de monstration d’une œuvre, au temps de sa visibilité, mais aussi aux actes invisibles qui lui permettent d’être offerte au regard.

L’invisibilité donc, parlons-en… Nous sommes le 1er novembre, le musée est noir de monde. Dès l’ouverture à onze heures, les escalators sont chargés d’une masse de pèlerins de la création moderne et contemporaine. Un léger brouhaha se fait déjà entendre dans les salles de la collection permanente. Notre Teatrino est indiqué sur le programme comme étant déplacé en Salle 28, 5ème étage. Le dédale des salles nous soumet à un type particulier de chasse au trésor, c’est finalement ente le Delaunay et le Kirchner que se trouve l’accès au Teatrino. Il est bien là, bloquant le passage d’une des deux ouvertures de la salle, comme l’indiquait le prospectus. Coincé entre les deux cimaises perpendiculaires, la couleur grise se fondant avec la photo panorama de Eileen Gray lui permet de se camoufler discrètement. De l’autre côté, ce sont les toiles de Rouault qui se donnent à voir, si l’on fut curieux de l’envers du décor… Seulement, les visiteurs aperçoivent le Teatrino sans le comprendre, le regarder c’est une autre histoire. Le premier visiteur confie qu’il ne l’avait pas remarqué, puis un autre confirme. Non, il ne connaissait pas l’histoire de l’œuvre… Un troisième enfin ressent l’intervention de Beck comme étant « à la frontière du ludique et de l’invisible »…
Le Teatrino fait pourtant barrage, mais son emplacement n’autorise pas le jeu. Ici ni contournement ni bousculade. A force de remanier le sens, d’abuser du détournement, on est parfois confronté à un absurde sans écho.

Alys Demeure

31 octobre / La révélation du signe

Publié le 1 novembre 2009 | Commentaires fermés

Conférences-performances Guillaumes Désanges, Signs and Wonders, Halles de Schaerbeek 2008  © Centre Pompidou

Conférences-performances Guillaumes Désanges, Signs and Wonders, Halles de Schaerbeek 2008 © Centre Pompidou

Hier soir, réunis dans l’obscurité de la Petite salle cryptique du Centre Pompidou, les spectateurs du nouveau festival ont pu assister à la conférence-performance de Guillaume Desanges, Signs and wonders.
Après plus d’un an de recherche, le protagoniste de cette réunion secrète, d’un ton incantatoire, nous a initiés à la religion du signe. Du point au carré, en passant par la ligne, Guillaume Desanges retisse à sa façon le fil d’une Histoire de la sémiologie de l’art. De la secte des pythagoriciens, plaçant le point comme forme primordiale, à l’origine de toutes les autres, aux mystiques minimalistes, il n’y a qu’un pas. Ces derniers, dissimulés derrière l’objectité et le formalisme de leur art, encourage le primat de la rectitude, trace d’un rituel ésotérique de la modernité.
Contre cette religion officielle de la ligne et du carré, d’incurables hérétiques : Marcel Duchamp, bien sûr, et sa Roue de bicyclette, les acteurs de l’Excentric abstraction, ou encore Bruce Nauman.
Telle est donc la thèse de notre « prophète-performer », brillamment illustrée par son assistante. Lui, derrière son pupitre, elle, derrière un écran lumineux de rétroprojecteur, œuvre en silence. De ses petits doigts de fée naît une somptueuse fresque d’ombres chinoises, livre ouvert et vivant d’une Histoire de l’art pas comme les autres. Le discours du performer, relayé en images de dispositifs simples et ingénieux, appuie la démonstration et lui confère une étonnante force de conviction.
Sophiste doué, ayant investi pour un soir la caverne platonicienne, Guillaume Desanges nous laisse, après coup, le sentiment d’avoir assisté à la révélation d’une grande vérité.

Céline Dumas

31 octobre / La mise à nu de Doris Ulrich

Publié le 1 novembre 2009 | Commentaires fermés

Performance de Doris Ulrich en Espace 315. Photo Jean-Claude Planchet © Centre Pompidou

Performance de Doris Ulrich en Espace 315. Photo Jean-Claude Planchet © Centre Pompidou

Aujourd’hui, nous accueillons un public en nombre et enthousiaste. Au rythme effréné des différentes performances de ce samedi après- midi, « Bruits de bouche » avec Beñat Achiary et Didier Lasserre, le Kiosque électronique avec le concert d’Isabelle Fruleux et de Eddie Ladoire et « Rosebud » avec l’auteure Cécile Guilbert, les visiteurs investissent les différents espaces du nouveau festival.
Un après midi agité, qui s’achève dans Beaubourg-la-Reine où se tient à 19 heures une pièce de Doris Ulrich intitulée « Plus qu’il n’en faut ». Elle monte sur la scène, allume une cigarette, se déshabille devant le public et esquisse des mouvements. A un ami chauve au téléphone, elle demande s’il renoncerait à sa calvitie si on lui en donnait la possibilité. Pour lui, c’est son identité. Cette performance chorégraphiée et parlée, interroge le rapport au corps et à la beauté.
Le débat se poursuit entre les médiateurs culturels et le public à la fin de la performance. Un des visiteurs est fortement impressionné par le fait que l’artiste se présente nue aussi proche du public. Après réflexion, il ajoute que c’est précisément cette liberté qui est la beauté même. Doris Ulrich dépasse la mise à nu pour interroger notre rapport au corps, à la beauté et finalement à notre propre identité.

Agathe Cancellieri & Natalia Prikhodko

30 octobre / Actor-head, mini-série en 5 épisodes.

Publié le 31 octobre 2009 | Commentaires fermés

Compagnie du Zerep. Hervé Véronèse © Centre Pompidou.

Compagnie du Zerep. Hervé Véronèse © Centre Pompidou.

Non, je ne suis pas une grande amatrice de théâtre et oui, les performances m’ennuient, un grand pardon à Sophie Perez (fondatrice de la compagnie du ZEREP, si vous avez un miroir sous la main vous comprendrez) qui a malheureusement raison de dire que 95% des gens s’endorment ou s’ennuient devant une scène. Et bien là, dans l’Espace 315, devant cette boîte de Pandore, le simple fait de cligner les yeux nous ferait craindre d’avoir raté le meilleur tableau !

Des hommes et des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des blondes, des chauves, vont et viennent en accès libre et sans restriction, tout le monde a le droit de venir se gausser devant ces personnages clownesques et repartir quand ça lui chante. Dans ce petit théâtre façon commedia dell’arte, surplombé par cet imposant masque façon carnaval à Venise, le public s’installe sur des gradins façon amphithéâtre de l’antiquité, et la scène ainsi que les retardataires se retrouvent au même niveau, à même le sol, les frontières sont abolies, les langues se délient et les gorges se déploient ! C’est la fête !

Aujourd’hui, à Beaubourg-la-Reine, on nous présente la série en cinq épisodes « Ils font leur maximum » et c’est peu de le dire, interprété par Sophie Lenoir, Gaston Dreyfus et Stéphane Roger, bidonnant ! A la fois comique, cynique, ironique et épique, c’est un pur moment de bonheur.

Le contexte : deux employés de bureau de la DRAC, l’évènement : Michel Bourzette qui vient faire une demande de convention pour sa pièce moyenâgeuse intitulée « Le viol du dragon » et qui le mime sur scène pour nous, dans ce contexte décalé devant ces administrateurs largués et les fesses à l’air ; un grand moment ! Entre café-théâtre, opéra bouffe et performance, le tout s’achève sur un intermède musical, à la manière d’un générique, tout à la fois dansé, décalé et drôle.

Une réussite donc, ce format très court, type série web, qui on l’espère ne sera pas spoliée pour autant.

Rébecca Touboul

29 octobre / A vos marques… « médiez » !

Publié le 29 octobre 2009 | 1 commentaire »

Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Médiatrice du nouveau festival. Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Depuis le 21 octobre, le Centre Pompidou présente son nouveau festival. Si l’envie vous prend d’y aller…courez-y ! Dirigez vous vers le bureau du festival, en bas des escalators à droite du Forum. Deux charmant(e)s étudiant(e)s sont là pour vous informer. Rejoignez le couloir menant à la Galerie Sud. Au fond, l’étonnant lézard d’Andrea Blum vous regarde de ses grands yeux. A moins qu’il ne s’extasie devant l’œuvre de Tobias Rehberger qui flotte au dessus de votre tête ? Entrez maintenant à l’intérieur de la Galerie Sud et essayez de repérer les individus vêtus d’un sweat-shirt noir et d’un badge vert. Ils sont là rien que pour vous ! Médiateurs et chroniqueurs pour toute la durée du festival, c’est eux qui vous révèleront les plus intimes secrets des œuvres qui trônent devant vous. De la gigantesque painting box au splendide carrousel de Carsten Höller en passant par l’enivrant kiosque électronique d’Olivier Vadrot et Cocktail Designers, ils vous diront tout ! Ouvrez grand vos oreilles et laissez vous guider. Prenez le temps de regarder les archives et les Ovnividéos retransmis sur le Grand Ecran. N’hésitez pas à partager vos impressions avec les médiateurs. Et ensuite, pourquoi ne pas leur demander de vous accompagner dans l’Espace 315 ? Spécialement dédié au théâtre, cet espace confié à la compagnie du Zerep vous laissera bouche bée. Ne soyez pas intimidés par l’énorme masque tout droit sorti de la Comedia del Arte. Approchez-vous doucement et installez vous confortablement devant la scène, les artistes ne vont pas tarder à arriver… Vous verrez, le nouveau festival défie le temps et vous transporte si loin que… zut ! Vous n’avez pas pu tout voir et c’est déjà l’heure de partir ! Rassurez-vous, le nouveau festival du Centre Pompidou, c’est tous les jours jusqu’au 23 novembre. On vous y attend !

Emmanuelle Floc’h

28 octobre / Qui a tué Marilyn Monroe?

Publié le 28 octobre 2009 | Commentaires fermés

YAN PEI MING. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

YAN PEI MING. Photo Hervé Véronèse © Centre Pompidou

Qui est ce génie déluré, cet artiste sadique, ce fou, qui a osé peindre Marilyn, la belle, la jeune, la séduisante , à la morgue ?
Yan Pei-Ming était présent aujourd’hui au nouveau festival, en compagnie de François Quintin pour discuter de cette œuvre, de sa peinture et de ses sources d’inspiration.
Un public curieux et nombreux se rassemblait pour entendre les paroles de l’artiste et découvrir ainsi les secrets qui se cachent derrière ce tableau à la palette réduite allant du gris au blanc.
Yan Pei-Ming, qui vit à Dijon depuis quelques années, s’est aventuré à reprendre l’icône de cette femme, véritable emblème de la beauté, et de nous la présenter sous ses caractères les plus humains. Le mythe de la star immortalisée par Warhol, s’est tout d’un coup écroulé.
Derrière le visage calme et posé de Yan Pei-Ming se cacherait-il un assassin ? Pour l’artiste la peinture est le terrain où tout devient possible : « la peinture est le lieu de l’imaginaire ». Ainsi, pour ce tableau en particulier : l’œuvre se transforme en lieu du crime et l’artiste devient l’exécuteur dans tous les sens du terme.
Mais Marilyn n’est pas la seule victime ! La Joconde aussi a fait l’épreuve des coups vigoureux de pinceau du peintre qui bat la toile énergétiquement quand il peint, comme nous le dit François Quintin. Point culminant du délit : cette œuvre fut exposée à proximité du tableau original au Louvre.
Aujourd’hui, un rendez-vous encore exceptionnel où l’on découvrait en comité réduit cet artiste qui en quelques instants peint avant tout l’être dans tout ce qu’il a de plus humain, de plus touchant, de plus sensible.

Ana Mendoza.

24 octobre / Des frontières qui ne tiennent plus

Publié le 25 octobre 2009 | Commentaires fermés

vilamatas Enrique Vila-Matas et Michel Gauthier, Massoumeh Lahidji. Photo Laurent Friquet © Centre Pompidou

Renouant avec la pluridisciplinarité du Centre Pompidou, le nouveau festival se produit comme une forme élastique, car modulable à l’envie et évolutive, où le spectateur peut déambuler dans un espace toujours différent, animé par quantité de manifestations, explorant la richesse et la variété de la création contemporaine.
S’il est permis de souligner un événement de la somme de ceux proposés quotidiennement, celui de la journée du 24 octobre 2009 est bien la présence de l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas. L’immense auteur ouvrait le premier rendez-vous de « Rosebud », un programme de littérature conçu (et conduit) par Jean-Pierre Criqui et Michel Gauthier et offrant un espace de parole à des écrivains contemporains tenus d’apporter leur « Rosebud » (dans Citizen Kane, Orson Welles), un objet qui contient ou symbolise l’origine d’une œuvre, un objet qui offre une entrée possible. Enrique Vila-Matas choisit une valise, tenant à la fois d’une admiration pour la boîte en valise de Marcel Duchamp et aussi d’une allégorie du voyage, ceux que l’écrivain anticipe par l’écriture quand il décrit ses voyages avant de les avoir vécus. Les frontières entre le réel et la fiction sont minces et sont à considérer sur un même plan, celui de l’écriture. Le public fut nombreux et attentif, conscient d’assister à un évènement rare : une parole qui a fait le choix d’être discrète, et donc précieuse.
La question d’abolir les frontières est fondamentale dans la Compagnie du Zerep qui œuvre chaque jour dans l’espace 315. Il s’agit ici de créer une zone d’indistinction entre les genres (théâtre, music-hall, performance), les sources (il n’y a plus depuis longtemps de haute et basse culture : Gombrowicz et la variété italienne y sont traités de la même façon) et les goûts (le bon et le mauvais), de façon à offrir aux spectateurs une expérience insolite et drôle, régie par un principe d’épuisement parfaitement réjouissant.

Mathieu Loctin

21 octobre/ Ouverture du nouveau festival !

Publié le 22 octobre 2009 | Commentaires fermés

Compagnie du Zerep © Hervé Veronese. Centre Pompidou

Compagnie du Zerep. Photo Bertrand Prevost © Centre Pompidou

Enfin, le Centre Pompidou a ouvert les portes du nouveau festival. Les visiteurs en déambulant ont pu y découvrir une programmation riche en propositions et pluridisciplinaire : il y en a pour tous les goûts !

Une fois la nuit tombée, la galerie Sud ouverte sur la rue, offre une ambiance singulière dont l’éclairage des œuvres et la scénographie de Heimo Zobernig accentuent le côté théâtral.

Les visiteurs, curieux, n’ont pas hésité à jouer le jeu et à investir les différents espaces qui ne demandaient qu’à être réactivés comme l’installation d’Andréa Blum (In bed with a cold-blooded animal), la maison carton de Manfred Pernice (Haldensleben), ou encore le studiolo. Dans le tunnel accordéon de Jorge Pardo, David Moss, performeur des Bruits de Bouche, s’est installé pour susurrer, chuchoter, souffler, chanter des bruits étranges offrant ainsi un moment d’intimité avec les spectateurs.

Le carrousel de Carsten Höller, comme une allégorie de ce festival, illuminé dans la nuit attire le regard et laisse le spectateur comme un enfant les yeux levés et hypnotisés.
Le kiosque électronique s’est tout de suite animé avec l’entrée en scène de G-Nox autour duquel une foule de visiteurs ont pris d’assaut les 35 casques et eurent plaisir à écouter mais aussi à observer la mise en scène.

De l’autre côté du mur, à l’espace 315, le programme de spectacles de Beaubourg-la-Reine par la Compagnie du Zerep avec notamment le fameux El coup du cric andalou, a laissé les spectateurs enjoués. Le bruit des rires donnait à l’ambiance excitante et bouillonnante un air de joyeuse fête à cette première soirée.

Une ouverture riche en rebondissements promettant un festival, qui ne finira pas de nous surprendre.

Camille Kotecki & Pauline Di Mascio.